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Oscar « Cuervo » Castro
Hommage à Pablo Neruda et…. A Mikis Theodorakis
Création du théâtre Aleph en mai 2004 en première francophone, après 7 représentations au Chili en juillet 2004
Un spectacle présenté par la maison de l’amérique Latine en collaboration avec l’asbl Codecipo-Chile |
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A propos du spectacle :
La seule évocation d’Augusto Pinochet est, pour le peuple chilien comme pour le monde en général, particulièrement douloureuse. Et plus douloureuse encore quand revient la date impitoyable du 11 septembre, date d’un coup d’Etat célébrissime entre tous et récemment associée au drame sans nom des Twin Towers, à New York.
Oscar Castro, exilé à paris depuis 1977, a bien connu Pablo Neruda . Il le connaît au plus profond de lui-même, intimement, secrètement, professionnellement. Il le connaît comme s’il avait pu, un jour, investir sa propre personne . C’est en tout cas ce qu’il nous interprète avec un brio et un amour du poète des plus éclatants.
Dans sa pièce « Neruda, ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain » Oscar castro, campe un personnage un peu fou, un auteur-acteur qui se prend pour Pablo Neruda, qui se croit Pablo Neruda, qui est Pablo Neruda. Dédoublement de personnalité ? Bien plus. Abnégation totale de son propre ego pour faire revivre en soi-même celui qu’on estime digne par dessus tout d’incarner. D’autant plus qu’il n’est plus de se monde par le fait d’une dictature tenace.
Ce personnage, examiné, scruté, diagnostiqué tantôt par son médecin traitant, tantôt par son ami perpétuellement à la recherche d’un rôle ( le rôle de l’inévitable), tantôt encore les femmes qui ont jaloné la vraie vie du poète, évolue à travers toute la pièce dans une sorte de monologue jubilatoire par lequel le spectateur fait aisément le lien avec le regretté Pablo Neruda.
Sans doute le peuple chilien tout entier déplore-t-il la perte cruelle de son poète mais, grâce à la poésie que fait ressurgir Oscar Castro, dit le corbeau dans ses jeunes années ( d’où son surnom de Cuervo), le poète n’aura effectivement pas chanté en vain. On peu vivre au-delà de son temps, au-delà même de sa vie, lorsqu’on à semé des mots. Des mots, ces mots si chers à Neruda, beaux comme des oiseaux, allègres comme des papillons et libres comme tels. Aucun peuple ne saurait se résigner à aucune dictature tant que des Neruda lui inspireront le goût de la droiture, de la justice, de la paix.
Une puissante poésie anime la pièce d’Oscar Castro, d’entré de jeu et jusqu’à la fin de la représentation. Une poésie exempte de prosélytisme ou de quelque tonitruance politique. Le message du dramaturge est simple et immédiat : il faut dire la puissance du poète, son immanence et sa suprématie. Le poète est vivant. Comme sont vivants tous ceux qui ont péri sous le fer des dictateurs. « Z », la lettre qui, depuis Costa Gavras, ressuscite et galvanise les bonnes volontés, s’applique de même à Pablo Neruda. Le poète est avec nous, petite parcelle de Dieu, le poète nous sauvegarde, le poète nous exalte.
Oscar Castro fait du théâtre à sa manière, avec ses moyens, avec ses limites. Il en résulte du théâtre non subsidié, pétri d’amour, de fantaisie, de drôlerie, de liberté. On pourrait dire, paraphrasant Georges Bernanos, qu’un puissant esprit souffle sur cette pièce toute consacrée à Neruda.
Esprit auquel n’est nullement étranger Mikis Theodorakis, à qui Oscar Castro rend dès le premier quart d’heure de sa pièce un vibrant hommage. A travers Pablo Neruda, certes. Mais aussi à travers de très judicieuses et constantes citations musicales, qui portent continument les situations, les sentiments, les élans de la pièce.
J’ai rarement vu – et je m’en réjouis – une pièce théâtrale soulignée aussi opportunément par la musique. En cela l’ œuvre théâtrale est traitée comme un film et opère comme tel, faisant vibrer la salle aux temps fort et dans chacun de ses transports pathétiques. Oscar Castro, sans le vouloir foncièrement, a choisi des extraits de Mikis Theodorakis indépendamment du Canto General, oeuvre toute dédiée à Pablo Neruda : paradoxalement le résultat est percutant. De même qu’Oscar Castro n’a pas voulu faire une biographie traditionnelle et conventionnelle de Neruda, de même il ne s’est pas borné à l’un des chefs-d’œuvre de Mikis Theodorakis mais il a préféré voyager dans la musique du compositeur et citer, de-ci de-là, des pages qui l’émouvaient lui en particulier. Tant et si bien que sa pièce est pour le spectateur, qu’il soit averti ou néophyte, une totale redécouverte de deux hommes que l’histoire des dictatures a réunis pour les avoir convoqués. Deux hommes qui devaient se comprendre, s’épauler et se dissoudre dans une même et fervente lutte, la lutte des poètes contre l’éternel dragon toujours valide. Rendant hommage à Pablo Neruda, Oscar Castro ne pouvait s’exprimer sans la musique de Mikis Theodorakis. Ce qu’il a fait avec grande sensibilité et grande originalité.
Puisse cette pièce , Neruda, Ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain, raviver en nous l’esprit de sagesse – mais de lutte s’il le fallait- et nous réunir enfin dans la parole et dans le chant. Il s’est produit hier soir, à la fin du spectacle, lorsque les acteurs se sont mis à danser sur la musique de Mikis Theodorakis, une chose assez extraordinaire : c’était comme dans Zorba, c’était comme dans toutes les circonstances du genre, lorsque la danse règle le monde, l’apaise et l’ordonne. Le public était ravi, les peines abolies. La dictature, face à la musique Mikis Theodorakis, avait cessé d’être. Quelle étonnante alchimie, que celle des mots et des notes. Oscar Castro a su prendre de Mikis Theodorakis le meilleur de lui même et du coup, donner à son tour le meilleur de lui même. Un coup de maître.
Jean Lhassa (Cercle Theodorakis-Bruxelles)
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Extraits de presse de la pièce
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Pour voir les critiques des spectateurs(notre meilleure presse) cliquez ici
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« Neruda, ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain »
« Le théâtre Aleph rend hommage à Neruda l’un des grands poètes latino-américains. Oscar Castro met en scène une fiction aussi amusante que troublante, dans laquelle il joue un auteur atteint de schizophrénie. Ses délires le conduisent à se prendre pour le poète dont il est passionné. Dans un puzzle surréaliste habité par les personnages emblématiques de sa vie, les événements de son existence se mêlent à ceux de Neruda, sa parole se confond à la sienne … Et nous entraîne, sur la musique de Mikis Théodorakis, dans une sorte de rêve brumeux où nous nous perdons volontiers. Un petit moment de plaisir théâtral ! Ces vers raisonnent et son esprit nous pénètre bel et bien dans ce spectacle généreux, émouvant et drôle. »
Lise de Roquigny
Pariscope - semaine du 1° au 7 décembre 2004
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« Pour dire l’immanence du poète et sa suprématie, l’acteur dramaturge et metteur en scène campe un personnage un peu fou qui se prend pour Neruda, qui se croit Neruda, qui est Neruda ! Normal : quel autre acteur, même bigrement schizophrène, pouvait échafauder rôle plus cathartique ? Vous l’avez saisi le cas Castro, c’est quelque chose ! Pas tant parce que cet exilé a fondé (sans subsides) un lieu de création, d’échanges d’utopie, le Théâtre Aleph. Pas tant parce qu’il est un hussard de la plus pure espèce qui dégaine dès que les mots honneur et liberté sont mis à mal. Mais parce qu’il affiche une foi inaltérable dans le pouvoir reconstructeur de l’amitié et une incroyable joie de vivre malgré le tempo chaotique d’une vie bousculée. Loin de la biographie classique, cette pièce truffée de fantaisie, de drôlerie et d’humanisme consacre la flamboyante énergie de la parole avec, en cadeau bonus, des musiques de Miki Théodorakis et des chorégraphies de Sylvie Miqueu ! Découvrez vite cet îlot d’Amérique latine au service de la résistance, de l’imaginaire et de la fraternité, îlot d’Amérique latine au service de la résistance, de l’imaginaire et de la fraternité. »
Myriem Hajoui
A nous Paris - semaine du 29 novembre au 5 décembre 2004
« OSCAR CASTRO est un magicien. D’abord, il fait de son théâtre, l’espace Aleph à Ivry, une maison chaleureuse où le spectateur y est chez lui, entouré d’acteurs qui lui servent tapas et vin chilien, dans un bar décoré façon bodega. Et puis, il ressuscite, à tour de rôle, trois grandes figures d’Amérique latine avec sa trilogie : « Le Che que j’aime », « Le 11 septembre de Salvador Allende », créé l’an dernier, et son nouveau spectacle, « Neruda » pour que la poésie ne chante pas en vain. Dans ce dernier, Oscar Castro fait des merveilles dans les habits du grand poète. Dans une mise en abîme, comme il les affectionne, l’acteur y joue son propre rôle, celui d’un auteur qui, à force de s’imprégner des mots du poète, devient Pablo Neruda. Si bien que de sa bouche surgissent les mots éternels de l’écrivain chilien. Ce chant poétique flotte sur la musique du compositeur Mikis Théodorakis (dont on reconnaît les airs qui accompagnaient le film « Le Facteur »), et sur laquelle virevoltent les acteurs qui revendiquent une poésie bien vivante car elle aide toujours à vivre. A l’image de ce spectacle, plein de fantaisie, de poésie, de tendresse et d’humour qui déborde d’une fantaisie énergie communicative. C’est sûr, l’esprit du poète et celui du théâtre, dans toute sa magie, soufflent sur scène à Ivry. »
Sandrine Martinez
Le Parisien - jeudi 04 novembre 2004
« Longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons continuent d’émouvoir, de galvaniser et d’illuminer les hommes : hommage passionné et vibrant d’Oscar Castro à Pablo Neruda.
Loin des estrades pompeuses des cérémonies officielles, Oscar Castro, qui aime avant d’admirer, ressuscite et incarne Neruda avec verve et humour. Pour Castro, le théâtre est affaire affective : il reçoit les spectateurs comme on invite des amis à la bonne franquette, davantage à une fête qu’à une représentation. La soirée commence dans la joyeuse décontraction du bar de l’Espace Aleph, où les comédiens tartinent le guacamole et servent le vin chilien avant de monter sur scène pour raconter l’histoire de la possession par l’esprit du grand poète chilien d’Oscar Castro, qui perd la raison à force de lecture acharnée des œuvres de l’auteur du Canto Général. Cette fantaisiste mise en abyme est l’occasion d’une farce un peu folle, où Castro se moque de lui-même et des siens, et démontre surtout que la poésie de Neruda est à ce point en relation avec les joies et les souffrances profondes des hommes qu’on ne peut pas l’apprécier sans la vivre. Neruda déclarait « personne n’est passé près de moi qui ne m’ait partagé » : le comédien, dramaturge et metteur en scène le prouve en prenant le visage étoilé du chantre araucan.
Corps habités par les voix calcinées du combat
Le théâtre devient alors le lieu d’un étrange sabbat. De la bouche des comédiens sort la parole magique du poète : les coquelicots de la métaphysique, les cloches de Madrid, les chacals léchant le sang dans les rues et les vipères mordant les pierres, les amours mortes ; les baisers des matelots et la voix des orangers endeuillés. Pétris de tendresse et de combat, de douceur et d’indignation, de plaisir et de douleur, les mots de Neruda sont soutenus par les airs de Mikis Theodorakis, grand admirateur du poète, qui a mis à la disposition de Castro toutes ses mélodies afin de composer une mosaïque musicale qui met en relief les textes et leur puissance d’envol et de subversion. Les comédiens, vibrants et justes, glissent en dansant sur cette partition libre et émouvante. L’exaltation ardente de Castro trouve en Neruda un costume à sa mesure et l’ensemble constitue la preuve irréfutable que la poésie ne chante pas en vain. »
Catherine Robert
La Terrasse - n° 122 Novembre 2004
« Oscar a un problème. Il est investi par le poète Pablo Neruda. Les amis et les partenaires du sympathique chilien s’inquiètent car le mal gagne du terrain. La crise de « Nérudisme » aigu fait apparaître les mirages de sa vie, bercée par la musique de Mikis Théodorakis. Un brave médecin ne parviendra pas à soigner, contre son gré, cet épicurien qui entend les clochettes des fantômes. Oscar Castro est une exception culturelle à lui tout seul. Depuis plus de 20 ans, il a créé un petit bout d’Amérique latine à Ivry-sur-Seine, dans son théâtre, l’Espace Aleph. Ici, rien n’est banal ou commun. Il n’est pas question de rentrer, de s’asseoir, de regarder le spectacle et de repartir. L’accueil chaleureux commence dès que l’on passe le seuil, comme une frontière. Après le spectacle, le bar est une étape incontournable, pour discuter avec des amis, les comédiens et les musiciens, toujours disponibles. Pendant tout le mois de novembre, on peut voir et revoir L’Eternité d’un baiser victorieux ou Le Che que j’aime et le très réussi Le 11 septembre de Salvador Allende. Oscar Castro a le chic pour faire des spectacles généreux qui sont lisibles et agréables, autant pour ceux qui possèdent le sujet que pour les néophytes. L’Espace Aleph est une histoire de famille et d’amitié. C’est aussi un lieu où l’on milite sans jamais assommer ni endoctriner. La politique de la maison est placée sous le signe de la convivialité joyeuse. La nouvelle création, Neruda …ainsi la poésie ne chante pas en vain, mélange habilement les textes du poète, les événements intimes et son combat politique. Le spectacle est léger, plein d’amour et de musique. »
Marie-Laure Atinault
Webthea - 03 novembre 2004 |