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Une pièce de Natacha Moyersoen, Oscar Castro et Sylvie Miqueu

D’après une idée originale de Natacha Moyersoen

Un acte de foi républicain et laïque !

C’est un auto-sacramental contemporain, style théâtral du siècle d’or espagnol (un théâtre religieux conçu pour les processions spectaculaires de la Fête-Dieu).

Une allégorie baroque qui mêle le sublime au grotesque sur fond de musique et de danse. En utilisant la forme de ce type de théâtre, l’Aleph chante et loue un Créateur laïque, sans église ni religion, qui vient sur terre peindre une fresque en l’honneur de la République.

Cherchant l’inspiration sur ce sujet, il se trouve au sein de l’auto-sacramental présenté par l’Auteur, dans lequel la République usée et fatiguée, consulte un jardinier chaman, convoque ses trois filles : Liberté, Egalité, Fraternité et cherche celui qui l’a enfantée : le Peuple ! Mais, le Président, le Capital et le Juge lui jouent des tours.

Le Créateur commente la pièce de l’Auteur avec les personnages du Monde, victimes de la décadence d’un système qui a oublié les valeurs fondamentales à l’origine de sa raison d’être.

Quant aux décors, l’idée qui présida à leur conception était simple : l’utilisation dans un espace clos, le théâtre, d’éléments symboliques et allégoriques tels que deux colonnes, le soleil et la lune, un fil à plomb et en fond de scène trois éléments : deux volées de marches encadrant une plate-forme.

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Mon « maestro » Gabriel Garcia-Marquez me disait que pour écrire il faut notamment avoir une bonne mémoire. Depuis ce jour j’ai tenté de la cultiver. Ce qui n’est pas simple ! Il y a d’un côté les événements qui passent ; de l’autre, la façon dont on les vit et enfin, ce dont on se souvient. Dans aucun cas de figure on ne maîtrise la situation. Il ne me reste qu’une solution : raconter une des multiples versions de cette histoire, la mienne.

Un jour j’ai suggéré à mon amie Natacha Moyersoen de se lancer dans l’écriture théâtrale. Elle avait une vague idée qui consistait à faire revenir Don Quichotte sur terre, le faire redescendre du ciel où il jouissait d’un repos bien mérité, pour lui imposer un nouveau défi : « Sauver la République ». Mon amie travailla avec ardeur et, après quelques mois, me montra son travail. Après l’avoir lu, je lui conseillais de laisser Don Quichotte et Sancho tranquilles et de centrer son histoire sur la République et ses trois filles : Liberté, Egalité et Fraternité.

Quelques mois plus tard, nous avons organisé une lecture dramatique de « Aux urnes citoyens ! ». Ce fut un moment inoubliable : mon amie Natacha donnait naissance à sa première pièce de théâtre avec une belle œuvre sur la République.

Tout donnait à penser que cette histoire en resterait là. Mais la vie nous offre des surprises.

Je ne voulais pas qu’un travail fait par Natacha avec tant de sérieux et d’amour n’aille pas jusqu’au bout. Il n’était pas juste qu’une pièce de cette qualité d’écriture finisse en dormant dans un tiroir de bureau.

Un jour, lors d’un atelier de Latin’Actor que je dirige avec Sylvie, je me suis exclamé : « Nous pourrions monter ce travail avec les participants de l’atelier ». C’est ainsi qu’une nouvelle histoire a commencé.

L’actualité et l’approche des élections ont changé le cours des évènements… J’ai parlé avec Natacha et je lui ai dit : « Tu sais, je crois que nous devons faire cette pièce dans le cadre de la programmation officielle du théâtre Aleph parce qu’elle est importante et nécessaire. Le problème, c’est que je n’ai jamais monté, dans mon théâtre, d’autres spectacles que les miens et que je ne saurai pas mettre en scène ton texte tel qu’il est. ». Natacha m’a répondu : « Je te donne entière liberté. »

Je me suis mis à travailler. Il fallait trouver un style de théâtre qui permette la coexistence de deux œuvres distinctes : La mienne qui n’existait pas et celle de Natacha. En étant présentées ensemble, ces deux œuvres donneraient naissance à une troisième. La forme théâtrale qui nous donna la possibilité d’y parvenir fut l’auto-sacramental.

L’auto-sacramental est un genre théâtral qui naquit à l’époque du siècle d’Or espagnol. C’est un style simple destiné à un public peu cultivé.

Il avait une grande utilité dans les manifestations religieuses de l’époque. Surs les chemins qu’empruntaient les processions, dans les entrées des églises ou sur les places, les croyants pouvaient voir des scènes leur parlant du bien et du mal avec des éloges permanents au Tout-Puissant qui était présent et commentait les évènements de la pièce.

Dans l’auto-sacramental on trouve le théâtre dans le théâtre. Il comporte trois catégories de récitants, ceux de la pièce interne, ici « la République » ; ceux du Monde qui font des commentaires de la pièce interne et le « Créateur », un récitant faisant des commentaires divins de la pièce. L’auto-sacramental constitue un abrégé du monde.

« Il était une fois la République » sont les deux ailes d’un même oiseau. On y trouve la « République » écrite par Natacha Moyersoen, œuvre sacramentelle, et l’autre pièce : « Il était une fois » à laquelle appartiennent les personnages représentant le monde. Aucun des deux spectacles n’a été touché dans son intimité, les deux textes sont indépendants et indivisibles, ce qui est une des caractéristiques essentielles de ce style de théâtre.

Sylvie, assistante de direction et chorégraphe du spectacle, a également collaboré à l’écriture et à la construction de la pièce. Elle fut, durant la création, la personne qui s’est préoccupée du respect des piliers sur lesquels reposent les auto-sacramental. Son apport fut fondamental dans le résultat final de ce travail.

Cette forme de théâtre a obtenu ses lettres de noblesse grâce à Calderón. Deux de ses créations les plus connues « Le grand théâtre du Monde » et « La vie est un songe » sont considérées par l’auteur comme des auto-sacramental. C’est dans la simplicité que dort la complexité. Calderón et les études postérieures à son œuvre nous montrent la complexité de ce style théâtral.

« Il était une fois la République » est un auto-sacramental contemporain. La pièce a des caractéristiques semblables aux auto-sacramental de l’époque, mais sa dimension est toute autre puisque son enjeu est politique et non religieux. Le personnage du Créateur est un être laïque et sans religion. Le message final n’est pas dans le salut de l’âme après la mort, mais dans l’engagement permanent que l’homme doit avoir dans la lutte contre les injustices en affirmant les principes fondamentaux de la République que sont la liberté, l’égalité et la fraternité.

La musique est en majeure partie de Mozart, les chorégraphies et la direction musicale de Sylvie Miqueu. La mise en scène d’Oscar Castro et la pièce est jouée par les comédiens du théâtre Aleph.

C’est ainsi que se sont passées les choses, ou plutôt c’est ainsi que je crois qu’elles se sont passées.

La seule chose dont je suis sûr c’est que durant tout ce travail une énorme nuée de bonheur nous a enveloppés et qu’elle nuée n’est pas prête de nous abandonner.

Ce fut une création faite avec passion et amour où tous ceux qui étaient impliqués se sont livrés entièrement, conscients que les valeurs de la République incarnent notre vision de l’avenir de ce pays qui est le nôtre .

Oscar Castro.

Direction et mise en scène 

Oscar Castro

Chorégraphie et direction musicale 

Sylvie Miqueu

Scénographie 

Vadeï

Eclairage et son 

Thomas Vivance

Régie son 

Alejandra Pardo

Distribution 

Nabil Ben Guesmia, Oscar Castro, Bernard Eychenne, Christian Gobert, Christine Hann, Alma Kerouani, Catherine Max, Elodie Mignot, Sylvie Miqueu, Amedeo Motta, Oscar Castro Miqueu, Natacha Moyersoen, Christine Rost, Salomé Roth, Raymonda Roux, Laurence Laffitte, José-Miguel Zuniga.

 

Genre: Auto-sacramental

Durée: 1h30